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Le musée Nissim de Camondo (1936)

Rue de Monceau

L’hôtel particulier d’Abraham-Béhor Nissim de Camondo

(61, rue de Monceau)

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La façade sur jardin, vue depuis le parc Monceau

Moïse de Camondo naquit à Istanbul, en 1860, au sein d’une famille de financiers qui, à l’exemple des élites européennes du XIXe siècle, se distinguait par une générosité philanthropique à l’origine de la fondation d’écoles, d’hôpitaux et de dispensaires. En 1869, attirés par l’Europe et pressés de découvrir le vaste monde occidental, les Camondo quittèrent Istanbul et s’installèrent à Paris, dans le quartier de la plaine Monceau. Au mois de juin 1870, l’oncle de Moïse, Abraham-Béhor, acheta un terrain au 61, rue de Monceau, tandis que son père, Nissim, retint la parcelle voisine, déjà bâtie, mais qu’il fit modifier à son goût.

Abraham-Béhor confia le chantier de son hôtel particulier à l’architecte Denis-Louis Destors (1816-1882), un élève de Charles Garnier. L’architecture extérieure de la vaste demeure, achevée en 1875, a conservé son cachet : l’hôtel particulier comprend un corps de logis principal entre cour et jardin, destiné au maître des lieux, à son épouse, ainsi qu’à la famille de leur fille. Dans la cour, à gauche, une aile en retour était réservée à leur fils Isaac. Du côté du jardin, qui communique avec le parc Monceau, la façade classique est décorée de quatre cariatides, d’inspiration Renaissance, figurant les Saisons, disposées entre les croisées du premier étage.

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Le portail d’entrée

Un grand portail flanqué de colonnes rustiques, qui supportent un tympan ourlé d’une guirlande de feuilles de chêne et d’une corniche saillante à modillons, signale la propriété sur la rue de Monceau. La clé de l’arc du portail est décorée d’un cartouche sur lequel est appliquée une sphère.

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Le relief du tympan

Pour le tympan du portail, le sculpteur Ambroise Choiselat (1815-1879) composa, en 1874, un relief montrant deux figures féminines vêtues d’une tunique à l’antique, autour d’un grand cartouche. La figure assise, à gauche, tient une corne d’abondance, environnée de divers éléments (masse, rouages, étau) suggérant l’activité industrielle. La figure de droite tient une chaîne, en avant d’un navire dont on aperçoit la voile et la proue.  

En 1893, quatre ans après la mort d’Abraham-Béhor, l’hôtel fut vendu à Gaston Menier (1855-1934), fils du fondateur de la chocolaterie Menier. Celui-ci avait subitement perdu sa femme, peu après la naissance d’un fils, prénommé Jacques : il souhaita alors s’éloigner de son hôtel particulier de l’avenue Ruysdaël, où il avait été très heureux. Le chiffre gravé sur le grand cartouche du tympan évoque le séjour des Menier dans l’ancien hôtel d’Abraham-Béhor de Camondo : il porte un « M » (pour « Menier ») et deux « G » (pour « Gaston » et « Georges », son fils aîné), entrelacés et affrontés.

En 1946, Jacques Menier vendit la demeure, qui devint le siège des Aciéries de Pompey. Le décor intérieur formant le cadre de vie des Camondo fut alors détruit et la distribution des pièces, largement modifiée. En 1979, le classement des façades et de la toiture sauva probablement l’édifice de la destruction.

collection isaac de camondo av chps-elysées

L’appartement d’Isaac de Camondo, avenue des Champs-Elysées

Après la mort de son père et la vente de la demeure familiale du 61, rue de Monceau, Isaac de Camondo loua un appartement rue Gluck jusqu’en 1907, puis avenue des Champs-Elysées. Comme son père, il avait le virus du collectionnisme : il se passionna pour l’art japonais, puis s’enthousiasma pour le mobilier du XVIIIe siècle français et se piqua enfin d’impressionnisme, acquérant les tableaux de Jongkind, Boudin, Degas, Manet et Monet. Sans descendance, il légua sa collection au musée du Louvre.

L’hôtel particulier de Moïse de Camondo – musée Nissim de Camondo

(63, rue de Monceau)

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La façade sur cour d’honneur

Quant à Moïse, il épousa, en 1891, Irène Cahen d’Anvers, qui lui donna un fils, prénommé Nissim, comme son grand-père paternel. Le couple se sépara toutefois, puis divorça en 1902. A l’instar de son cousin Isaac, Moïse n’avait guère de goût pour la finance ; il se détourna des affaires, qu’il liquidera définitivement après la mort de Nissim, en 1917. Ayant obtenu la garde de ses enfants, il loua un hôtel particulier dans la rue Hamelin, puis acquit le « château d’Aumont », au cœur de la forêt d’Halatte, non loin de Senlis, où il souhaita finalement se fixer.

En 1910, à la mort de sa mère, il hérita de l’hôtel particulier du 63, rue de Monceau et prit aussitôt la décision de le rebâtir pour en faire le cadre de sa prestigieuse collection de tableaux, de meubles et d’objets d’art du XVIIIe siècle, pour lequel il éprouvait une véritable passion. Il confia le chantier à l’architecte René Sergent (1865-1927), grand connaisseur des architectes et ornemanistes du XVIIIe siècle français et anglais.

Sergent conserva la monumentale porte cochère et le corps de communs à l’alignement de la rue. A l’intérieur de la cour d’honneur, l’architecte a également maintenu le grand porche et l’avant-corps en rez-de-chaussée, qui trace un hémicycle détaché d’une façade en double équerre. Le bâtiment des communs abrita la loge du concierge, le logement du palefrenier et les appartements du piqueur, d’un mécanicien et d’un chauffeur. Sergent redessina les fausses arcades en arc déprimé des ailes latérales et leur appareil de refends, afin de les harmoniser avec la façade de la nouvelle demeure. Ces ailes latérales servirent, à gauche, de remises pour les voitures, et à droite, d’écuries pour les chevaux.

René Sergent conçut un plan en « L », insoupçonnable depuis la cour d’honneur. Pour la façade donnant sur cette cour, il pasticha le modèle versaillais du Petit Trianon, qui avait été édifié par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, en 1762. Comme l’architecte de Louis XV, Sergent exploita la différence de niveau entre la cour d’honneur et le parc pour concevoir deux façades indépendantes.

Cette façade, composée d’un corps central, entre deux travées en quart de cercle, comprend ainsi trois niveaux : un haut rez-de-chaussée à refends, un bel étage et un attique, réunis par des pilastres cannelés à chapiteau corinthien.

musée nissim de camondo vu depuis parc monceau

La façade sur le jardin, vue depuis le parc Monceau

Du côté du jardin, la façade repose sur un soubassement, qui supporte deux ailes perpendiculaires situées de part et d’autre d’une rotonde décorée d’une frise mettant en scène des putti. De puissantes colonnes cannelées à chapiteau corinthien rythment les travées de cette rotonde, précédée d’un escalier à double volée. Une balustrade à l’italienne couronne chaque face de l’édifice et masque le volume du comble.

La longue aile orientale de l’hôtel particulier est desservie par une impasse qui débouche au 105, boulevard Malesherbes : sa façade extérieure, percée de cinq niveaux de fenêtres, se dresse en effet au fond de ce cul-de-sac. C’est ce passage privé que les domestiques et les fournisseurs empruntaient pour rejoindre les pièces de service de l’Hôtel de Camondo.

L’Hôtel de Camondo était à peine achevé que la Première guerre mondiale éclatait : Nissim, une fois son service militaire accompli, s’engagea dès 1914. Promu sous-lieutenant, puis lieutenant, il rejoignit l’aviation, puis passa son brevet de pilote. Nissim disparut après un combat aérien en septembre 1917. Son décès, confirmé un mois plus tard, plongea Moïse de Camondo dans une profonde mélancolie. Il continua d’acquérir des œuvres d’art, mais consigna, en 1924, par voie testamentaire, le souhait de léguer son hôtel et ses collections à l’Union Centrale des Arts Décoratifs.

Des conditions, relatives à l’organisation du futur musée, furent toutefois posées : aucun meuble ne pouvait être déplacé de son emplacement initial, de sorte que l’hôtel conserve l’aspect d’une demeure, encore habitée, plutôt que l’apparence d’un musée froid et sans âme. En 1932, il demanda en outre « qu’aucun objet faisant partie de [s]a collection ne sorte de [l']hôtel pour être prêté à des expositions ». Moïse de Camondo mourut en 1935 ; le musée Nissim de Camondo fut inauguré en 1936.

Les salons de réception

Le vestibule d’entrée, l’escalier d’honneur et le grand bureau

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Le palier supérieur du bel escalier, vu de la galerie du rez-de-chaussée haut

Cet écrin parfaitement adapté à la collection de Moïse de Camondo n’en était pas moins à la pointe des dernières innovations susceptibles d’assurer le parfait confort des occupants : luminaires électrifiés, équipements sanitaires modernes, ascenseur permettant d’accès au rez-de-chaussée haut et à l’étage, fourneaux et rôtisserie ingénieux.

Depuis la cour d’honneur, le rez-de-chaussée bas dessert un grand vestibule, qui communique, à gauche, avec un vestiaire de réception, et mène, à droite, au bel escalier menant aux salons de réception. La grande baie faisant face à l’escalier donne accès au grand bureau, qui s’apparente à un grand salon tendu de tapisseries dans des lambris de chêne simplement ciré. Dans l’espace gagné sur la cour d’honneur par l’incurvation de la façade, un grand secrétaire en acajou de Claude-Charles Saunier confirme la destination de cette vaste pièce, désignée parfois comme le « fumoir » ou le « salon de musique » de la demeure.

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Manufacture d’Aubusson (atelier de Menou)

Le Loup et la cigogne (détail), d’après Oudry, vers 1775-1780, Paris, musée Nissim de Camondo, grand bureau

Pour décorer le grand bureau de sa demeure, Moïse de Camondo fait l’acquisition de six tapisseries d’Aubusson, issues d’une suite de huit pièces, tissées d’après les cartons de Jean-Baptiste Oudry, sur le thème des fables de La Fontaine. Des motifs de palmiers et de guirlandes de fleurs flanquent chaque scène.

La scène principale de la tapisserie du Loup et de la Cigogne montre l’échassier plongeant son long coup dans la gueule du loup pour lui retirer l’os qui faillit lui faire perdre la vie. L’oiseau ne reçut aucune marque de reconnaissance de la part du loup qui, une fois guéri, lui fit cette menace :

« …
    Votre salaire ? dit le Loup,
    Vous riez, ma bonne commère.
    Quoi, ce n’est pas encor beaucoup
D’avoir de mon gosier retiré votre cou ?
    Allez, vous êtes une ingrate ;
    Ne tombez jamais sous ma patte. »

Le grand salon

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Martin Carlin

Table à gradins dite « bonheur du jour », vers 1766, Chêne plaqué de bois de rose, ornée de bronzes ciselés et dorés et de plaques de porcelaine tendre de Sèvres, Paris, musée Nissim de Camondo, grand salon

Le grand bureau communique avec le grand salon de la demeure, largement ouvert sur le jardin, dans lequel sont disposés plusieurs meubles précieux. Parmi ceux-ci, un « bonheur du jour » plaqué de porcelaine retient l’attention. L’idée de ce type de meubles revient au marchand-mercier Simon-Philippe Poirier, qui passait commande de plaques de porcelaine à la manufacture de Sèvres. Il fournissait aux ébénistes les matériaux nécessaires à la fabrication de ce mobilier d’exception.

En raison de la fragilité de la porcelaine tendre, il n’était pas possible d’écrire directement sur le plateau de ce meuble typiquement féminin. Il fallait, pour cela, coulisser le tiroir de la ceinture et dégager l’écritoire garni d’un tapis vert.

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Une belle table en cabaret de style « Louis-XVI », créée par le maître-ébéniste Roger Vandercruse, placée à proximité, possède un délicat décor de bronze ciselé et doré (rosaces, feuilles d’acanthe…), qui souligne un placage d’ébène des Indes, de satiné rouge et de houx. La table dévoile parfois ses secrets : un tiroir coulissant en façade et des tiroirs pivotants sur les côtés.

Le salon des Huet

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De forme octogonale, le salon suivant se loge au rez-de-chaussée haut de la rotonde, qui donne, par trois portes-fenêtres, sur le jardin et ses parterres de buis taillés. Cette pièce rassemble également des meubles précieux, dont le secrétaire à cylindre, décoré d’une marqueterie à motifs de fleurs, marqué de l’estampille de Jean-François Œben.


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De somptueux objets d’art, à l’exemple d’une pendule « au Chinois », agrémentent les meubles précieux du salon des Huet. Une paire de candélabres à décor végétal, de style rocaille, est particulièrement remarquable. Du socle irrégulier de chaque candélabre, deux tiges naissent et s’entortillent, puis s’élèvent pour former trois branches aux formes particulièrement mouvementées, achevées par un bougeoir.

Ce salon est aménagé pour servir d’écrin au cycle décoratif composé de sept peintures réalisées, vers 1776, par Jean-Baptiste Huet (1745-1811), illustrant les progrès de l’amour entre un berger et une bergère, avec la complicité d’un chien et d’une colombe.     

La salle à manger et le cabinet de porcelaines

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Faisant pendant au grand salon, la salle à manger est lambrissée de boiseries peintes en vert dans laquelle sont insérées quatre panneaux de broderie à décor de vase de fleurs et une tapisserie de Beauvais (La Pêche au filet, d’après Casanova). Sur la grande table d’acajou, la terrine en argent, qui porte les poinçons de Jacques-Nicolas Rœttiers, fait partie d’un service commandé par Catherine II de Russie en 1770 et offert en 1772 à Gregory Orloff.

Une paire de tables servantes à roulettes, marquées de l’estampille d’Adam Weisweiler, se reconnaissent à leur entretoise supportant un vase à anse de forme antique en bronze. Devant le grand miroir, la console-desserte en chêne plaqué d’acajou, bronze ciselé et doré, tablettes et dessus de marbre blanc, présente plusieurs pièces d’un service « oiseaux Buffon ».

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Paire de candélabres à six lumières (détail), fin du XVIIIe siècle, bronze ciselé et doré, Paris, musée Nissim de Camondo, salle à manger

Flanquant l’une des portes-fenêtres qui donnent sur le perron du jardin, deux tables-consoles présentent des candélabres d’époque « Louis-XVI », en bronze ciselé et doré. D’une conception savante, ces candélabres forment un bouquet à six bras de lumière en « cors de chasse » feuillagés, surmontés d’une corbeille de fleurs. Les bras de lumière de chaque candélabre reposent sur un piètement tripode formant athénienne, orné en son centre d’une amphore, retenue par des chaînes ; et décoré de têtes de satyres à cornes. Les pieds du tripode représentent trois griffons ; ils sont assis sur une base triangulaire, ponctuée de médaillons à masque de Méduse et d’un motif répété de caducée et de couronne végétale.

La salle à manger communique avec un petit cabinet, aménagé par Moïse de Camondo pour présenter sa collection de porcelaines. Lorsqu’il était seul, il faisait parfois dresser une table et se faisait servir ses repas dans au milieu de ses belles pièces de Sèvres, Meissen ou Chantilly.

L’office de la salle à manger

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Dans la salle à manger, une porte dérobée, masquée par la boiserie, communique directement avec l’office, où régnait le maître d’hôtel, responsable du service de la table. Les murs de l’office sont laqués blanc, les lambris et les meubles, peints façon chêne, et le sol protégé par un revêtement sans joints qui pouvait être huilé ou ciré. Au fond de la pièce, entre les fenêtres, un timbre d’évier à double bac en zinc, avec sa crédence, est appliqué contre le mur, surmonté d’un stérilisateur d’eau. En face, un chauffe-assiette en fonte, livré par la maison Cubain, constitue un autre élément de modernité.

Le petit bureau

Situé au revers de l’escalier menant aux appartements privés, le petit bureau est décoré d’une frise peinte en camaïeu d’or sous la corniche, qui couronne les murs tendus de soie rouge. Cette petite pièce un peu retirée renferme plusieurs petits meubles précieux, ainsi qu’une suite d’esquisses peints d’Oudry (Chasses de Louis XV), des vues de Paris d’Hubert Robert et plusieurs médaillons en terre cuite du sculpteur Jean-Baptiste Nini.

Les appartements privés

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Le palier intermédiaire de l’escalier menant aux appartements privés

Un petit escalier hélicoïdal donne accès à l’étage (qui correspond au second étage sur la cour d’honneur) et aux appartements privés. Le palier intermédiaire forme une sorte de balcon bordé d’un garde-corps en ferronnerie, offrant un point de vue sur la galerie desservant les salons de réception.

La bibliothèque

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Située dans la rotonde, au-dessus du salon des Huet, les murs incurvés de la bibliothèque sont occupés par des meubles de chêne, garnis de rayonnages. Un mobilier de salon en noyer sculpté et ciré est disposé autour d’une table à thé en acajou, au plateau tournant de marbre blanc, spécialité de l’ébéniste Bernard Molitor.

L’appartement de Moïse de Camondo

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L’alcôve de la chambre

Un petit passage relie la bibliothèque à la chambre de Moïse de Camondo, aux murs couverts d’une boiserie finement sculptée, de style néoclassique. Cette boiserie ménage une alcôve, dont l’encadrement est orné d’une guirlande de feuilles de chêne et de glands, nouée de rubans et agrémentée de rideaux fixés dans les angles supérieurs. Le lit d’alcôve est richement sculpté de motifs d’épis de blé et de fleurs des champs. C’est un lit de repos, dit « à la turque », à l’aspect d’un divan massif à trois dossiers.

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La courtepointe et la garniture du lit d’alcôve sont en damas rouge à décor rebrodé blanc. Au-dessus du lit, le tableau attribué à Hugues Taraval est l’un des rares nus féminins de la collection de Moïse de Camondo : il représente Le Sommeil.

La salle de bains

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 La salle de bains possède un plafond voûté et laqué, comme dans les bains antiques, afin de faciliter le ruissellement de la condensation. Le carrelage des murs, blanc et bleu, forme un motif de vannerie souligné d’une frise, auxquels font écho les carreaux de grès cérame gris et blanc du sol. Une petite pièce séparée, fermée par une porte, renferme le water-closet.

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L’équipement sanitaire témoigne d’une incontestable modernité, liée à l’arrivée de l’eau à tous les étages : lavabo en porcelaine, baignoire, bidet en grès émaillé et une robinetterie en laiton nickelé.

Plusieurs accessoires apportaient en outre un confort supplémentaire : chauffe-linge, porte-manteaux, porte-serviettes composé de tubulures métalliques emplies d’eau chaude, porte-savons, porte-carafes et verres à eau ! La pièce voisine était réservée à l’habillage (« dressing-room »).

L’appartement de Nissim de Camondo

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La chambre

Engagé dès 1914, Nissim n’occupa que brièvement l’appartement aménagé par son père. Il comprenait un cabinet de travail, une chambre, une salle de bains et une pièce réservée à l’habillage. Le mobilier de l’ancien appartement a été rassemblé dans l’ancien cabinet de travail, devenu, après la mort de Nissim en 1917, une « chambre du souvenir ».

Des photographies du fils défunt et une statuette équestre de sa sœur Béatrice sont posées sur le plateau de marbre d’une commode demi-lune, placée près de la porte donnant sur la galerie de distribution. Au-dessus du lit en acier et bronze doré, Moïse a accroché le portrait de son père, peint par Carolus-Duran en 1882.

Entre les fenêtres, Moïse a disposé un bureau à gradin, portant l’estampille du menuisier-ébéniste Joseph Feurstein (1733-1809), devant lequel a été placé un fauteuil tournant recouvert de maroquin vert.

 

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La salle de bains

Une frise de deux tons de vert décore les murs de carreaux de faïence hexagonaux blancs de la salle de bains de Nissim de Camondo. L’équipement sanitaire est aussi complet que dans la salle de bains de son père : une baignoire, un lave-pieds carré, muni de longs tuyaux pivotants, un bidet. De la même manière, une petite pièce fermée d’une porte renferme le water-closet.

L’appartement de Béatrice de Camondo

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Le salon bleu

Après le mariage de Béatrice avec Léon Reinach et leur installation à Neuilly, Moïse réunit la chambre et le boudoir de l’appartement de sa fille pour créer un salon-bureau appelé « salon bleu » en raison de la couleur des lambris. Un bureau plat, conçu par Claude-Charles Saunier (1735-1807), l’un des plus brillants ébénistes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, est disposé au milieu de la pièce, sur un splendide tapis de la manufacture de Beauvais.

Des vues de Paris, réalisées par le peintre Raguenet, véritable spécialiste du genre, mais aussi des caprices architecturaux de Pierre-Antoine De Machy, ainsi que plusieurs portraits, dont le grand tableau, peint, en 1770, par Gautier Dagoty, qui représenterait le duc et la duchesse de Chartres, entourés de leur famille.

La salle de bains et le dressing-room de l’ancien appartement sont conservés derrière le salon bleu, mais ne font pas partie de la visite du musée.

 Les pièces de service du rez-de-chaussée bas

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La galerie desservant les espaces de service

Derrière le vestibule d’entrée, une galerie à arcades débouche, d’un côté, vers un petit vestibule accédant au jardin, et mène, de l’autre côté, aux pièces de service. De part et d’autre d’une horloge-régulateur en acajou et bronze doré, deux grands paysages d’Hubert Robert (Paysage montagneux et Paysage au moulin) décorent le fond de deux arcades.

Dans l’angle de la galerie, une grande porte donne accès à la descente à couvert d’automobiles. En face, une fontaine en marbre rouge royal est appliquée contre un panneau de glaces argentées, agencées en damier. Un peu plus loin, l’ascenseur privé, élément de modernité et de confort, précède la cage de l’escalier de service.

L’entrée de service, l’office du chef et la cuisine

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Au fond de la galerie, un dégagement, à gauche, mène vers les pièces réservées à la conservation des aliments (rotonde), réparties autour de l’office du maître d’hôtel : le fruitier, le frigorifique et le garde-manger. De l’autre côté de la galerie, une porte s’ouvre sur l’entrée de service, qui communique avec un passage extérieur. Ce passage longe la façade de service et donne accès à une impasse privée qui aboutit au 105, boulevard Malesherbes. C’est par cette entrée de service que le personnel et les fournisseurs accédaient à l’édifice.

L’office du chef jouxte l’entrée de service : elle en est séparée par un lambris vitré, doté d’un guichet permettant de contrôler la livraison des denrées. Dans un angle de l’office, un monte-plat permettait d’élever les plats vers l’office de la salle à manger. L’office du chef communique avec la cuisine par une porte battante.

Entièrement carrelée de faïence blanche (murs et plafond, afin de faciliter les fréquents nettoyages !), la cuisine est occupée par un grand fourneau de milieu en fonte et en acier, alimenté au charbon par deux foyers opposés. Ce fourneau comporte quatre fours à rôtir et, sur les côtés, deux étuves ouvrant à deux portes. La grille au-dessus, soutenue par des colonnes épaulées de consoles, permettait de poser les ustensiles de cuisine et les plats. Le sol de la cuisine est pavé de grès cérame, cerné d’un listel noir qui se retrouve sur la plinthe et la faïence murale.

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Une rôtisserie murale, placée entre les grandes fenêtres de la cuisine, possède un foyer central pour faire griller à la broche les grosses pièces de viande, grâce à un mécanisme logé dans le dôme. Deux foyers latéraux, fermés par des tabliers à lames, permettaient également de faire simplement gratiner les crèmes (« salamandres ») ou de griller les petites pièces de viande (grillades). 

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Appliqué contre le mur opposé, un bahut offrait un long plan de travail, des crochets et des étagères permettaient de stocker les cuivres.

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Dans la laverie, la plonge est constituée de deux bacs en cuivre adaptés au nettoyage de la batterie de cuisine, dont l’un possède un double fond permettant la circulation continue d’eau chaude et le maintien d’une température élevée pour bien dégraisser les ustensiles.

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La laverie communique avec la salle des gens (salle à manger des domestiques) par le moyen d’un passe-plat. Faiblement éclairée par un vasistas et les lambris vitrés filtrant la lumière de la laverie, la salle des gens est simplement peinte en blanc au-dessus d’un lambris façon chêne. 

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